Le Palais des Sports Jean Bouin a été le théâtre d'un thriller haletant ce mardi soir, où l'AS Cannes, mené deux sets à zéro, a réalisé un come-back digne des plus grands pour s'imposer face à Nice (3-2). Une rencontre qui restera gravée dans les mémoires, tant elle a bousculé les pronostics et mis les nerfs à rude épreuve.

Les Azuréens avaient pourtant pris le match par le bon bout, s'adjugeant les deux premières manches avec une autorité certaine (25-20, 25-20). Nice semblait alors se diriger vers une victoire tranquille, porté par un Dawid Dulski inspiré. Mais c'était sans compter sur la résilience cannoise et la détermination d'un Xander Ketrzynski en état de grâce. Le troisième set a marqué le début de la révolte des visiteurs, remporté de haute lutte (23-25), avant que la bataille tactique ne tourne définitivement en leur faveur.

Xander Ketrzynski (Cannes) a été le meilleur marqueur du match avec 21 points, affichant une efficacité en attaque de 60.53%, bien au-dessus de sa moyenne saisonnière.

Tactiquement, Cannes a su s'adapter. Après deux sets où la réception niçoise, malgré une efficacité de 41.77% (légèrement en deçà de sa moyenne saisonnière de 45.27%), a permis à Wessel Keemink de distribuer le jeu avec brio, les serveurs cannois ont haussé le ton. Lukas Demar, notamment, a été un poison avec 3 aces, contribuant à une efficacité au service de Cannes qui a bondi à 30.30% sur ce match, loin devant sa moyenne de 22.93%. Ce service flottant a déstabilisé la première main de Nice, offrant moins d'options à Keemink et permettant au contre cannois de mieux s'organiser, malgré un déficit général au bloc (7 kills contre 11 pour Nice).

Du côté des performances individuelles, Xander Ketrzynski a été le grand artisan de ce succès. L'opposé cannois a terminé meilleur marqueur du match avec 21 points, réalisant 20 kills sur 38 tentatives (52.63% de réussite), avec une efficacité de 60.53%, surpassant nettement sa moyenne saisonnière de 58.97%. Une performance XXL qui lui vaut un Performance Score de 22.29%, bien au-delà de ses 18.63% habituels. Côté niçois, Dawid Dulski a également brillé avec 19 points, dont 17 attaques réussies. Son efficacité en attaque (54.55%) était cependant un peu en deçà de ses standards saisonniers (63.24%), mais son service a été redoutable (36.84% d'efficacité).

Le duel des passeurs a vu Wessel Keemink (Nice) et Kellian Motta Paes (Cannes) se livrer une bataille acharnée. Si Keemink a orchestré 95 rallies pour Nice, Motta Paes en a animé 109 pour Cannes, témoignant de la longueur des échanges. L'efficacité des attaquants servis par Keemink a atteint 100%, un chiffre qui souligne la qualité de ses choix, même si la défaite finale de Nice interroge sur la capacité de l'équipe à convertir ces opportunités en points décisifs dans les moments chauds.

Cette victoire 3-2 est précieuse pour Cannes. Elle rapporte 2 points cruciaux qui leur permettent de conserver une flatteuse deuxième place au classement (4 points, 1V-3D), malgré un bilan de victoires encore maigre. Pour Nice, malgré la défaite à domicile, le point du tie-break est une maigre consolation. Ils se retrouvent 7èmes (2 points, 1V-1D), et devront apprendre de cette déconvenue pour ne pas laisser échapper des matchs qui semblaient à leur portée.

Ce match restera comme un avertissement pour les équipes qui pensent avoir déjà gagné. Cannes a prouvé qu'un match n'est jamais terminé tant que le dernier point n'est pas inscrit. Le championnat est encore long, mais cette performance pourrait bien être un déclic pour les Cannois et un rappel à l'ordre pour les Niçois.